Philip Cordery

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Plus d’Europe pour affronter les grands enjeux actuels

Article mis en ligne le 26 octobre 2015 dans Blog,Non classé,Opinions.

Ces derniers mois, l’actualité a été rythmée par plusieurs événements de portée européenne : crise des migrants, négociations sur le sort de la Grèce, tentative d’attaque dans le Thalys, préparation de la conférence de Paris sur le climat …

Ces événements ont tous un point commun. Elles révèlent les limites de l’Union européenne, à son stade actuel de développement, pour répondre à ces enjeux essentiels.

Dans la crise grecque, l’intérêt général européen a fini par l’emporter. Mais que ce fut difficile… Il aura notamment fallu la détermination du président de la République, François Hollande, pour faire évoluer les rapports de force et que la Grèce reste dans la zone euro. Cette décision fut essentielle pour le peuple grec qui aurait sombré dans une crise encore plus profonde. Mais elle a également été cruciale pour l’Union européenne elle-même. D’abord parce qu’elle a montré qu’une autre logique était possible, que les égoïsmes nationaux n’étaient pas une fatalité et que la solidarité et la responsabilité, valeurs fondamentales de l’Union européenne y avaient encore leur place. Ensuite parce que la sortie de la Grèce de l’euro aurait marqué la réversibilité du projet européen et aurait ouvert la boîte de Pandore. Mais au delà de ces négociations, la crise grecque a révélé au grand jour les faiblesses de l’Union économique et monétaire. On ne peut avoir une monnaie commune sans politique économique commune, sans politiques budgétaire, fiscale, sociale coordonnées. Pour dépasser les intérêts nationaux et démocratiser les prises de décisions, il faut rapidement un gouvernement et un parlement de la zone euro.

Face à la récente vague migratoire, l’Europe a également été mise sous pression. L’accueil digne de réfugiés qui fuient la dictature, la guerre ou la violence est une obligation vis-à-vis des conventions internationales. C’est aussi un devoir vis à vis de nos valeurs et de notre histoire. Chacun doit prendre sa part de responsabilité. Il n’est pas acceptable que certains pays de l’Union s’opposent au système de répartition équitable des réfugiés proposé par la Commission européenne, d’autant plus quand ces pays ont eux-même bénéficié de la solidarité européenne dans un passé récent. Là aussi, comme pour la zone euro, il nous faut faire un saut d’intégration. Nous ne pouvons pas avoir un espace commun de libre circulation sans avoir de politique commune d’asile sous l’égide d’un office européen des réfugiés avec les même critères d’admission et un contrôle commun aux frontières extérieures de l’Union.

Il en est de même pour la lutte contre le terrorisme ou la lutte contre le réchauffement climatique. L’Europe ne sera entendue sur la scène internationale si elle est plus efficace et plus intégrée. François Hollande et Angela Merkel l’ont rappelé dans leurs discours devant le Parlement européen. C’est par plus d’intégration que l’Europe sera capable de relever les défis importants qui sont devant nous.

Ceux qui proposent moins d’Europe se trompent de combat. Ce n’est pas par le repli sur soi que les États membres retrouveront leur souveraineté. Ce n’est pas en cédant aux sirènes des nationalistes et des populistes que l’Europe sortira de la crise.  C’est au contraire en partageant la souveraineté que les Européens pourront la retrouver. C’est en démocratisant ses processus de décision et réorientant ses politiques que les citoyens pourront reprendre confiance dans le projet européen.

Car seul le projet européen a la puissance de transformer ces crises et inquiétudes en solutions et espoirs pour l’ensemble de notre continent et ses 500 millions d’habitants.

Retrouvez mon intervention pour plus d’intégration européenne dans la gestion de la crise migratoire lors de l’audition en commission du ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve:

Source image: Europe-en-aquitaine.eu